Petit retard pour cet article sur le Cavalier du Mois. Mais ce mois ci, nous vous proposons de faire la connaissance de Thibault Chatelain, qui a la particularité d'être un des rares cavaliers aya

nt commencé le PG dès son arrivée en France, et être toujours au plus haut niveau à ce jour.

 

Quand et où as-tu découvert le PG ?

 

Thibault Chatelain Cette première question ne va pas me rajeunir ! J'ai commencé l'équitation en 1988 avec ma sœur jumelle, Faustine et mon cousin, Maxime Lepage, à l'âge de deux ans et demi au poney club du Pré Vert à Mastaing. Le club s'est très vite orienté vers le Pony-Games, discipline qui prenait son essor. Marie-Catherine Vermeulen était alors très impliquée dans le développement du PG. Dès 1992, nous avons commencé les compétitions régionales et inter-régionales. À cette époque Jacques Cavé, alors entraîneur national, venait régulièrement au club pour nous donner des stages de perfectionnement. C’est sous son impulsion que nous avons commencé les compétitions.

 

 

Quel est ton parcours ?

 Après de nombreuses années à faire des compétitions régionales, le Poney-Club de Mastaing a organisé son premier concours international. Ce fut la première grande compétition à laquelle j’ai participé. Beaucoup d’équipes nationales avaient fait le déplacement pour ce concours qui se déroulait quelques semaines avant le championnat du monde.

J'ai participé à mon premier championnat de France en 1999 en BCD3 (ndlr: équivalent à la Cadet 2 actuelle). Notre équipe était composée de Faustine, Ludovic Delfolie, Clément Dufour-Lefort et Félix Chevalier. Nous étions une équipe jeune pour cette catégorie et étions vraiment heureux d'être arrivés en finale (6e). Je montais Gustin, un poney B que j'ai eu de nombreuses années en demi-pension au Poney-club, et Odorat le poney de ma sœur qui avait été dressé par Jacques Cavé. Ces deux poneys m’ont énormément apporté. Odorat était véritablement un maître d’école capable de s’adapter à n’importe quel cavalier comme des meilleures performances sportives. Je n’ai jamais connu de poney aussi intelligent que lui. Je pense que tous ses anciens cavaliers seront d’accord avec moi. Gustin est le premier poney que j’ai dressé. Ce n’était pas toujours facile, il avait un très fort caractère. Il m’a appris que l'on ne pouvait rien obtenir d’un poney par la contrainte et que la meilleure relation d’un cavalier et d’un cheval passait par le respect et l’écoute.

L'année suivante, nous terminons 7ème des championnats de France, première déception sportive. Nous avons raté la finale à un petit point.


Thibault ChatelainCette année-là, j'ai suivi Gaby Romaneck, avec ma sœur, au Poney-club du Bonheur à Colleret. Dans nos bagages, nous emportons aussi deux jeunes ponettes Welsh que nous avons acheté en 1999 : Galipete et Indie Delamotte. Je ne rendrais jamais assez hommage à Gaby et toutes les personnes qui ont fait de ces années les meilleures pour moi. Gaby m'a appris énormément pour le travail des jeunes poneys. Sans elle, Galipete et Indie n'auraient jamais eu la carrière qu'elles ont eu. Gaby a également totalement chamboulé mon approche du Pony-Games et de la compétition. La principale leçon que je retiens de cela est qu’on ne peut pas gagner tant que l’on ne prend pas de plaisir à jouer. Je ne pourrais dire le nombre de fois où Gaby me l’a répété. J’ai mis de longues années à me rendre compte à quel point elle avait raison.En 2001, j’ai changé d’équipe et de catégorie, BCD2 (ndlr: équivalent à la Cadet 1 actuelle). Nous terminons à la 4ème place au championnat de France, accompagné d’Odorat. Ce fut ma dernière compétition sous les couleurs de Mastaing après treize années passées au club.

En 2002, je participe au championnat de France BCD1 (ndlr: équivalent à la Cadet Elite actuelle), catégorie qui venait d'être créée. Nous finissons 6ème.

L’année 2003 est longtemps restée ma meilleure année de pony-games. C’est l’année du premier championnat de France en paire, auquel je participe sur Galipete pour sa première grosse compétition avec Faustine sur Doué. Alors que nous étions les plus jeunes de la finale, nous terminons 4eme à un point du podium. Au championnat de France en équipe, nous avions une équipe vraiment sympa avec la fantasque Caroline Vuillerme (qui avait été en équipe de France), Mathieu et Magalie (qui venaient de découvrir le PG) et ma soeur. Nous finissons 3eme en MG2 (ndlr: équivalement à Club 1 actuelle) à deux points de la première place que nous avions occupé jusqu’au dernier jeu ! Enfin, la saison s’est terminée par le Championnat du Monde en paire auquel je participais pour la première fois mais où nous n’avions pas atteint la demi-finale en Open. Ce fut ma plus belle saison et la dernière avant une pause de quelques années.

 

Qu'est-ce qui a fait que tu as été "absent" des terrains pendant quelques temps ? 

En 2004, Gaby nous quitte brutalement et laisse un grand vide parmi ses cavaliers. A la suite de son décès, j'arrête momentanément le Pony-games, mais continue de monter un peu. Je n’avais plus d’équipe et plus vraiment la tête à jouer. Je me suis alors concentré sur mes études et sur d’autres activités.

 

 Pourquoi es tu revenu au grand niveau ?

C'est en 2007, alors que Mehdi Khabouch, mon cousin, cherchait un partenaire et un poney pour faire les paires Internationales à Hergnies  (59), que je reprends goût pour la discipline. Mehdi montait Galipete et moi Indie. Après cette compétition, l'idée germe de créer une nouvelle équipe : Mehdi, Maxime Lepage, Geoffrey Lorthioit et moi. Cela se concrétise lorsque Colin Carson, entraineur national Irlandais, nous demande si nous voulons participer à la Nocturne Internationale pour laquelle il avait réservé une place. Dès lors, l’équipe des Jump’in se lançait. Pour ma part, je suis parti un an au Canada en 2008-2009, où grâce à Jim Dunn (grand cavalier de PG Canadien) j’ai pu pratiquer le PG outre atlantique. J’ai alors participé au championnat d’Amérique du Nord 2008 au "Kentucky Horse Park" et à mon retour au Royal Welsh Show au Pays-de-Galles. Jouer dans un stade de 20.000 personnes avec l’équipe du Canada a été l’un des meilleurs moments de Pony-games pour moi.  

 Thibault ChatelainEn 2010, Pierre Baud et Isabelle Van Haute nous rejoignent et notre équipe se stabilise. Avec Mehdi, nous sommes finalistes du championnat du Monde en paire 2010. C’est un de mes meilleurs résultats et de mes meilleurs souvenirs. Je pense que je dois beaucoup à Mehdi pour ce résultat. C’est une étape importante pour moi, parce qu’après quelques années d’absence je me suis rendu compte que je pouvais encore obtenir de bons résultats. En 2011, Mehdi et moi sommes champions de France élite excellence en paire. La même année nous gagnons le challenge ch’ti-ouest.

Cette année, en 2012, associé à Julien Brun-Cosme (puisqu'Isabelle ne peut jouer, étant belge), l'équipe Jump’in-Ponygamers devient championne de France Amateur Excellence. Je n’ai pas participé directement à ce résultat, étant donné que je ne pouvais être à cheval sur le terrain à cause d’un problème administratif. Pourtant, mes partenaires m’ont véritablement associé à leur victoire, puisqu’ils ont monté Galipete et qu’ils m’avaient nommé coach (ou porteur d’eau ? ;-) ).

 

Thibault Chatelain

 

Parallèlement, j’ai aussi joué en Allemagne, puisque je suis vice-champion d’Allemagne en paires en 2010 avec Imke Knaak (une amie de longue date) où nous perdons au Tie-Break et 2011 avec Svea Hensel où nous perdons la première place pour un point sur près d’une centaine de paires à chaque fois. Enfin, j’ai participé au Championnat du monde au Danemark comme « cavalier invité » avec le Luxembourg et j’ai participé à Turin au championnat d’Europe de cette année en Individuel sur Madère des Foltiers.  

 

 

 

Et qu'est ce qui d'après toi à fait qu'avec les Jump'in vous avez su vous imposer en a peine 2 ans comme l'une des meilleurs équipes française ?

L'équipe des Jump'In est avant tout une équipe « familiale »  et Isabelle et Pierre ont la même vision que nous : le pony-games reste un sport et l'important reste de prendre du plaisir. De plus, au fur et à mesure des années, nous avons vraiment appris à gérer notre mental, qui était notre point faible. Nous avons acquis de l’expérience et nous savons tous que l’on ne peut pas gagner sans prendre de plaisir.  

 

Quels sont tes objectifs sportifs à court et long terme ?

Thibault ChatelainTout d'abord, j'ai la chance de pouvoir monter avec une enseignante de dressage, Kareen Breig et de pouvoir faire régulièrement des stages avec Nicolas Brodziak, dresseur et cascadeur, avec lequel je fais du dressage, du travail en liberté et de nombreuses autres disciplines équestres. Je souhaite donc continuer à progresser dans le travail du cheval, d'autant que je viens de faire l'acquisition d'un petit PRE de 3 ans, Naranjo XI, avec qui je souhaite faire du dressage, du travail en liberté et du Pony-games.

Sur le plan du pony-games, j'aimerais continuer à prendre autant de plaisirs sur le terrain avec les différents poneys que je monte et mon équipe, ainsi qu’en dehors du terrain. J’aime ce sport pour lui-même mais aussi pour l’ambiance du PG. Au bout de 20 ans de PG, je retiens surtout les belles rencontres que j’ai faites grâce à ce sport.  

 

Pratiques tu d'autres sports à coté du PG?

Je ne pratique pas d'autres sports, l'équitation étant un sport très prenant (surtout quand ses poneys sont chez soi!). Je fais parfois de la musculation pour parfaire ma condition physique et ainsi faire taire Mehdi !

 

As-tu d'autres passions ?

Bien sûr, J'aime énormément lire, notamment des livres d'histoire puisque l'histoire et l'archéologie sont mes principales occupations, autres que l'équitation. D'ailleurs, j'ai décidé de faire de l'histoire ma profession et enseigne en collège et lycée.

 

Quel serait ton plus grand rêve dans le PG?

Si j’avais un seul objectif à remplir en terme de résultat, ce serait de conserver le titre de champion de France avec l’équipe, mais en étant cette fois cavalier… Autrement, je veux simplement continuer à prendre du plaisir et emmener un jour Naranjo sur les terrains.




A propos de l'auteur

Clément AVICE

Président de BeMOGA, et fondateur de PonyGames.fr, Clément est un passionné du web et du Mounted-Games depuis son plus jeune âge.

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